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Avant de parler des origines du Centre de secours de
Lillebonne, nous allons faire un peut d'histoire sur la lutte contre
l'incendie.
Origines et évolution.
Il semble que ce soient les grecs et les Hébreux qui organisèrent les premières
rondes de veilleurs de nuit, chargées de donner l'alarme et de combattre le feu.
C'est à l'empereur Romain, Auguste, que l'on attribue l'institution d'un corps
de vigiles. A la suite de l'incendie de Rome, en l'an 64, la prévention fut
renforcée. Dans la Rome antique, on organisait des chaînes humaines, des seaux
d'eau passaient de main en main et étaient déversés sur le foyer de l'incendie,
l'eau était fournie par les aqueducs.
La Gaule bénéficia de l'expérience des conquérants Romains, mais au début du
Moyen Age, à la suite des invasions qui détruisent tout ce que les Romains ont
apporté, la lutte contre l'incendie redevient précaire, et pendant de nombreux
siècles plus rien n'est fait pour lutter contre le fléau.
En 1254, afin de satisfaire la demande de ses protégés, Saint Louis, de retour
de croisade, organise le guet, il se subdivise en deux parties :
- le guet royal militaire et soldé par le roi assure la sécurité des parisiens
par des rondes et patrouilles.
- le guet « assis » composé essentiellement d’artisans et métiers du bâtiment et
désigné ainsi parce qu’il occupe des postes fixes. Il se tient à la disposition
du guet royal et intervient à sa demande plus particulièrement en cas
d’incendie.
A cette troupe officielle et royale et à ses supplétifs du guet
« assis »,
s’ajoutent, en cas de sinistres importants,
les moines des ordres mendiants : Capucins, Cordeliers, Jacobins, Augustins et
Carmes.
Volontaires du feu, ils constitueront pendant longtemps la troupe la plus
dynamique, la plus désintéressée et la plus sûre.
Les prostituées, à qui un arrêt royal du 8 décembre 1472 rappelle que le
bourreau est leur protecteur, et qu’en tant que tel, il est tenu de s’assurer
qu’elles assument bien le service qui leur est dévolu face à l’incendie :
« Toutes les femmes de joie doivent porter des seaux vers le feu ».
Obéissante et disciplinées, les femmes " soumises " constituaient
l’indispensable chaîne capable d’amener l’eau sur le lieu même du sinistre, rôle
d’autant plus important que les points d’eau étaient rares et souvent
inaccessibles. Il leur valait, suivant leur conduite au feu, des gratifications
versées par les villes au « Ribaudes » (personne qui suit une armée).
Si, aux compagnons du bâtiment choisis pour leur connaissance des matériaux, on
adjoignit les moines et les filles publiques, c’est que les uns étaient faciles
à joindre dans leurs abbayes et manœuvraient, sous les ordres de leurs prieurs,
comme de véritables corps constitués et que pour les autres, exerçant leur
" métier " chez elles, on était assuré de les y trouver.
Le tocsin alertait les habitants désignés qui devaient combattre l'incendie et
faire la « part du feu ».
Charles V prend en 1371 diverses mesures de prévention, fermeture des
soupiraux, interdiction de travailler à la lumière après le «
couvre feu »,
obligation de placer des seaux pleins d'eau à l'entrée des maisons. Ces mesures
de sécurité seront complétées ensuite par de nombreuses ordonnances.
En 1524 François 1er prit une ordonnance créant les quarteniers, des magistrats
chargés dans chaque quartier des villes du service d'incendie.
A Paris, les services de secours furent placés sous les ordres du lieutenant
civil du prévôt.
Ces mesures seront sans cesse complétées par des ordonnances royales entre 1539
et 1691, quarteniers, échevins et notables reçoivent ordre de conserver chez eux
le matériel nécessaire à la lutte contre le feu.
Au XVIIe siècle les services de prévention et de lutte contre l'incendie
comporte sous l'autorité de magistrats municipaux élus, ou désignés par le
pouvoir, échevins, prévôts, etc. :
- Une force militaire ou civile, permanente et soldée, chargée de la
surveillance, de la détection, de l'alarme, de la protection des biens sinistrés
et du contrôle des participations à la lutte contre le feu.
- une organisation de sauveteur constituée de bourgeois et de membres de
corporations choisis pour leur connaissance des matériaux et produits
inflammables.
En 1759, le Préfet de police Antoine de Sartine, ordonne que les secours soient
« convenables et prompts, mais surtout gratuits
».
Le 6 février 1815, le ministre-secrétaire d'état de l'intérieur, François-Xavier de Montesquiou-Fézensac,
adresse à tous les Préfets, une note dans laquelle il demande aux communes
d'organiser leurs services de secours contre l'incendie. Cette circulaire
précise que le maire choisit les pompiers, que les sous-officiers sont nommés
par le Préfet sur proposition du maire et du sous-préfet et que, si le Préfet
nomme les officiers, son choix doit être ratifié par le ministre lui-même.
Le 18 septembre 1881, le Capitaine Charles Michel, réunit à Vailly-sur-Aisne 133
cadres de sapeurs-pompiers venus de toute la France et décide la création d'une
association qui prend le titre de Fédération des Officiers et Sous-officiers de
sapeurs-pompiers de France et d'Algérie.
Des statuts sont mis au point et soumis à l'approbation ministérielle. Ils sont
acceptés le 24 mars 1882. Un bureau est nommé et en 1882, les 17 et 18
septembre, se tiennent le deuxième rassemblement des cadres des pompiers de
France et le premier Congrès de la Fédération.
Ce premier congrès aura une importance considérable. Il y fut traité :
- du recrutement, qu'il fallait développer,
- de la création d'une caisse de retraite,
- de la nécessité de prévoir des pensions pour les veuves et orphelins de
pompiers morts au feu et pour ceux, frappés d'incapacité de travail à la suite
de blessures,
- de la durée du service des officiers qui, à l'époque, étaient nommé par le
Président de la République,
- de l'obligation de prévoir, dans chaque commune, un corps de sapeurs-pompiers,
en fournissant aux communes sans grandes ressources les moyens en matériel,
- de la définition d'un uniforme réglementaire,
- de l'uniformisation des modèles et dimensions des raccords,
- de l'entrainement et de la participation aux « Concours de pompes à
incendies »,
- de la dotation des sapeurs-pompiers du fusil nouveau modèle dont, bien sur,
ils ne se serviraient que pour un service d'ordre ou de la défense de la Patrie.
Le 11 novembre 1900 la Fédération devient, « Fédération des sapeurs-pompiers
Français » et elle s'ouvre à tous, sans distinction de grade. En 1907, la
Fédération change de nom et devient, « La Fédération Nationale des
Sapeurs-Pompiers Français ».
Jusqu'au 10 novembre 1903, Les pompiers achètent leur tenue personnelle. A
partir de cette date un décret impose aux communes de leur fournir un
habillement minimum : casque, ceinture et veste. Les officier sont encore tenus
de payer leur uniforme.
Le 18 avril 1914, un nouveau décret modifie celui du 10 novembre 1903 et impose
aux communes de « supporter les frais de la tenue de feu de tous les
sapeurs-pompiers ».
Au cour de la deuxième guerre mondiale, les sinistres causés par le conflit,
avaient fait ressortir à l'évidence le besoin de structurer et d'organiser à
l'échelle nationale les secours et, le 20 septembre 1943, un décret instituait
une « Direction Générale de la Protection Civile ».
En 1951, la Fédération change à nouveau de titre et devient, « Fédération
Nationale des Sapeurs-Pompiers de France et de l'Union Française ».
L'école nationale de la protection civile est créée par un décret du 21 juin
1954. Elle est installée à Nainville-les-Roches, dans l'Essonne, et sa mission
est ainsi définie : « Cette école a pour objet la formation des cadres des
services chargés de la protection des populations civiles contre les sinistres
du temps de paix et du temps de guerre. Elle a également pour objet
l'instruction de toutes les personnes qui, en raison de leurs fonctions
publiques ou privées, peuvent être amenées à participer à cette protection
».
L'année 1962 marque une étape importante dans l'évolution des missions des
sapeurs-pompiers. Le secours des accidentés de la route est confié aux pompiers
et que le premier véhicule de secours aux asphyxiés et blessé(V.S.A.B.) est
acheté par le département de l'Ain. Il s'agit d'une ambulance adapté aux
problèmes particuliers des accidentés de la route.
Le 19 mars 1965, la Fédération reprend le nom de : « Fédération Nationale des
Sapeurs-Pompiers Français ».
Progrès technique.
Le premier engin destiné à lutter contre les incendies paraît être les
« siphones ». Employée tout d'abord comme
machine de guerre
pour projeter sur l'ennemi de l'huile bouillante, la machine que les Romains
dénomment « sipho » est une grosse seringue, montée sur roues, qu'un entonnoir
permet de remplir d'eau. Un système de manivelle et de crémaillères met en
action ce gigantesque clystère de près de cinquante litres. Le « sipho » fut
perfectionné, au IIIe
siècle avant J-C, par Ctesibius d'Alexandrie
qui l'aurait transformé en sorte de pompe aspirante et foulante. C'est
Vitruve, architecte Romain du 1er siècle avant J-C qui la baptisa
« ctesibia machina ».
Aux XVe et XVIe siècles, les moyens de projeter l'eau se
perfectionnent. Autre
que le classique seau d'eau, on développe tout d'abord la
« seringue »
contenant trois à quatre litres, puis l'extincteur à vis de Jacques Besson.
Au XVIIe siècle, on acheminait près des incendies de simples baquets faisant
office de réservoir. Ils étaient parfois associés à une pompe actionnée
manuellement, et on remplissait les seaux au moyen d'un tuyau ou d'une lance.
Au XVIIIe siècle, on inventa un tuyau en cuir cousu à la main, qui
permit
d'intervenir plus pré du feu sans mettre en danger le matériel, tout en
améliorant l'efficacité du jet de l'eau. Vers la même époque apparaît en France
la
pompe portative munie de tuyaux, appelés alors boyaux, construite par
François Dumouriez du Périer qui en avait vu fonctionner de semblables au cours de
ses voyages et aussi dans la même période, grâce à des dispositifs de pompage
plus perfectionnés, on pouvait puiser l'eau des rivières et des étangs.
Les moines qui, depuis plus de deux siècles, étaient chargés de la lutte contre
les incendies, sont remplacés peu à peu dans les grandes villes par des corps de
pompier. Nommé directeur des pompes en 1716, Dumouriez du Périer organise le
service d'incendie de Paris. De nombreuses capitales d'Europe s'inspire de son
organisation, laquelle sera transformée en 1759 par Antoine de Sartine.
C'est en 1811, à la suite d'un grave sinistre, que Napoléon militarise le corps
de sapeurs-pompiers de Paris. Mouret de Sourville invente l'appareil
« pare-flammes », précurseur de l'extincteur, et cet appareil est adopté par de
nombreux théâtres.
En 1867 la pompe à vapeur est introduite en France. On l'utilisait dans la
plupart des grandes villes. Les dispositif à vapeur étaient généralement équipés
de pompes à piston, plus rarement de pompes rotatives. Certaines étaient
autopropulsées, la plupart étaient actionnées par des chevaux.

Motorisation des équipements.
En 1898, le régiment des sapeurs-pompiers de Paris et le corps de Nancy
essayent les premiers véhicules d'incendie automobiles qui sont équipés de
moteurs à pétrole. L'année suivante , paris met en service un véhicule à
traction électrique.
Au début du XXe siècle, avec l'apparition du moteur à combustion
interne, les équipements furent motorisés. On eut tout d'abord quelques
difficultés à adapter de tels moteurs à essence sur les pompes. C'est pourquoi
les premiers systèmes de pompage motorisés étaient équipés de deux moteurs, l'un
pompant et l'autre propu
lsant l'ensemble.
Les sapeurs-pompiers de Paris commencent, en 1904, les essais d'une pompe à
vapeur automobile à traction électrique.
Les Sociétés Delahaye et Farcot mettent en service en 1907, le premier
fourgon-pompe automobile.
C'est l'ancêtre de tous les fourgons-pompes actuels
et, l'année suivante, le régiment Parisien qui généralise l'utilisation des
véhicules automobiles à moteur, réforme et propose aux corps de province, des
pompes à vapeur à traction hippomobile.
Le premier engin équipé d'un seul
moteur pour ces deux fonctions apparut au tout début du XXe siècle et, avant la
grande guerre de 1914-1918, le fourgon-pompe succède à la pompe à vapeur. En
1925, les moteurs à essence supplantèrent les équipements à vapeur. Les pompes
munies d'un système de piston furent remplacées par des pompes rotatives, puis
par des pompes centrifuges, qui sont les plus répandues aujourd'hui. A la même
époque, on modernisa l'équipement de pompage.

Origine du CIS LILLEBONNE
En 1827, pour 175 Francs, acquisition de 50 paniers à incendie,
ne pouvant réunir suffisamment de fonds pour l'achat d'une pompe à feu.
C'est le 24 mai 1834 que la première pompe à incendie est acquise par
souscription dans la commune.
Entre 1833 et 1861 une organisation de sapeurs-pompiers et mise en place avec
une structure hiérarchique (officier, sous-officier, caporaux et sapeurs).
lors de sa séance du 14 juin 1837, le conseil municipal décide la construction
d'un Hôtel de Ville,
actuelle place Félix Faure, selon les plans établis par Mr. Lemarcis, architecte des bâtiments civils de la ville du Havre, incorporant au
rez-de-chaussée un dépôt des pompes à incendies. Jusqu'à leur déménagement dans
le nouveau dépôt, en 1838, le matériel incendie était remisé dans les halls
place de l'église.

Par délibération municipale de 1861, il fait état d'une Compagnie des
Sapeurs-pompiers à Lillebonne, commandée par le Lieutenant Martin LEGRIS, Chef
de Corps de la Compagnie.
Le 19 août 1894, Lillebonne accueille le grand concours général de pompe
incendie.
En 1899, la Compagnie comptait 40 hommes, avec 3 pompes. Elle avait pour Chef de
Corps le Capitaine LEMONIER et pour chirurgien le Docteur Ott.
14 juillet 1906, devant la mairie, a lieu la revue des pompiers qui présentent
leur matériel et organisent des concours de pompes.

Le 24 juillet 1912, construction d'un portique de manœuvres.
Le 13 décembre 1920, dissolution de la Compagnie de Lillebonne.
Le 30 décembre 1920, création d'une subdivision à l'effectif de 26 hommes.
En décembre 1924, les industriels de la ville offrent une motopompe à la
commune, à charge pour elle de l'entretenir.
En 1927, achat d'une deuxième motopompe de même puissance que la première : 25 /
30 m3 avec tous les accessoires.
Le 20 juin 1933, accord pour la construction d'un garage dans l'ancienne halle à
l'avoine, datant du 19ème siècle, place Félix Faure. Ces locaux remaniés en 1954
se sont, malgré des aménagements précaires, avérés au fil des années, inadaptés
et insuffisants pour le matériel et les véhicules et la situation de ces locaux
posait des problèmes de circulation et d'accès.

1940 / 1945, durant la guerre le Corps des sapeurs-pompiers de Lillebonne est
appelé à intervenir à Rouen, notamment lors de l'incendie de la cathédrale.
En 1981, il a été créé, par le Capitaine Léon MASSIF, une école de jeunes
sapeurs-pompiers.
En 1983, la municipalité projette la réalisation d'un centre de secours plus
adapté.
Depuis le 5 décembre 1987, les sapeurs-pompiers ont élu domicile dans un nouveau
centre de secours construit en périphérie de la ville, à proximité d'un axe
routier important et d'une grande rue qui permet un accès rapide au centre ville
et aux divers quartiers de celle-ci.
En 2000, création du Service Départementale d'Incendie et de Secours (SDIS).
LE PERSONNEL
Au 1er janvier 2009, la Compagnie comprend 38 sapeurs-pompiers
volontaires et un personnel administratif.
- 3 Officiers : 1 Capitaine, Chef de centre et 2 lieutenants.
- 7 sous-officiers : 2 Adjudants chefs , 2 Adjudants, 2 Sergents chefs et 1
Sergent.
- 28 Caporaux chefs, Caporaux et Sapeurs dont 3 femmes.
- 20 Jeunes sapeurs-pompiers dont 3 filles.
Tous le personnel est formé aux nouvelles techniques d'interventions et parmi
eux, certains ont suivi des formations pour intervenir sur des risques
spécifiques tel que feu industriel, risque chimique, risque radiologique et
divers autres spécialités.
SECTEUR DE DEFENCE DU CIS
L'activité du CIS (Centre d'Incendie et de
Secours) a été en constante augmentation, de 111 interventions en 1973,
il est arrivé à 880 interventions en 1993, pour ce stabiliser aux environs de
600 interventions depuis 1994.
Le CIS défend en premier appel le commune de Lillebonne, les communes de Saint
Jean de Folleville, la Frenaye, La Trinité du Mont, Grandcamp, Lintot, Trouville
Alliquerville, Tancarville le Bas et une partis de la zone industrielle de Port
Jérôme ou se trouvent de nombreuses usines pétrochimiques ou dérivés
(dont de nombreuses sont classées SEVESO 2) qui
rende ce secteur très délicat ainsi qu'un réseau routier très important, un
trafic ferroviaire et fluvial nécessitant une parfaite connaissance des moyens à
employer en cas de sinistre.